MAITRE WANG XI'AN INVITE PAR L'ASSOCIATION EBENE :

 DE CHEN JIA GOU A PARTHENAY , RIEN QU'UN PAS.

 

Si bien accompagnés, ce pas-là nous mènera loin .

Du moins c'est ce que nous nous plaisons à imaginer , puisque d'année en année notre Maître de simplicité , indispensable guide dans les spirales du style Chen , a accepté de nous prendre la main .

C'est à Parthenay que l'aventure commence. En général, réussir à " faire venir " un Maître depuis le Pays du Milieu demande à toute association de Taïji Quan un considérable effort d'organisation, ainsi qu'une solide construction budgétaire. A ce stade, il s'agit aussi de " faire venir " le plus de stagiaires possible, pour rentabiliser l'investissement.

Or , avec la venue de Maître Wang , il faudrait considérer la question sous un autre angle. Peu à peu la motivation des participants s'est développée comme une sorte d'alchimie, au regard du travail convaincant et de la pédagogie éclairée de ce grand professeur . De plus, le désir d'apprendre n'a fait que s'accroître de l'intérêt authentique que Maître Wang a semblé éprouver en retour envers l'évolution des stagiaires.

Plusieurs facteurs ont favorisé cette réciprocité.

Tout d'abord, les conditions matérielles dans lesquelles le Maître a été accueilli au mois de juillet, pendant 2 années consécutives, par la Ville de Parthenay : la Municipalité a décerné le titre d'"Invité dHonneur Permanent " à Maître Wang, ce qui signifie qu'il sera toujours le bienvenu et que les structures sportives de la ville de Parthenay seront mises à sa disposition . Le Maire et les élus se sont donc montrés extrêmement favorables et intéressés par la perspective de faire découvrir le Taîji Quan style Chen dans leur commune et leur région,conformément à leur conception très ouverte et très démocratique de la culture, des loisirs et des sports.

Un accord écrit, ainsi qu'une lettre officielle, ont permis de concrétiser ce titre honorifique. Wang Xi'an a déjà confirmé sa volonté de revenir en juillet 2001, et souhaite maintenant que Parthenay devienne succursale française de Chen jia Gou sous l'appellation : " Centre International de Taïji Quan de style Chen, Antenne de Chen jia Gou ".

Maître Wang constate en effet une réelle progression chez les stagiaires qui ont déjà participé au stage de l'an dernier, et souligne combien l'association Ebène offre un contexte favorable à l'évolution des pratiquants du style Chen, sous l'impulsion d'Alain Chauveau, professeur, et d'Alexandre Garcia , président de cette Association.

Dans un article publié durant le stage, sur le quotidien " Le Courrier de l'Ouest "(lundi 17 juillet 2000), Alain Chauveau explique : " Il y a un travail relationnel qui se fait entre la France et la Chine.Je trouve bien que le Taïji ne s'arrête pas qu'à Parthenay mais devienne un moyen de communication qui dépasse toutes les langues . Ce que dit Maître Wang , c'est que le Taïji est un art qui permet aux gens d'être en meilleure santé, que cela permet les échanges culturels. C'est seulement après tout cela qu'intervient la dimension martiale . Il accentue son travail sur cet art pour avoir de bonnes dispositions, mais sans brusquer les gens, afin qu'ils intègrent doucement cette discipline . "

L'on comprend bien que l'objectif de Wang Xi'an , c'est de développer l'Art du Taïji avec tout ce que cela exige d'investissement et de qualité dans le travail proposé.

Sans aucun doute, les Maîtres chinois invités en France pour développer l'enseignement des Arts Internes sont animés des meilleures intentions.

Mais il est rare de rencontrer chez un Maître cet " en plus " qui agit comme un catalyseur dans la dynamique du groupe. Ceux qui ont commencé à suivre le parcours de Wang Xian il y a 6 ou 7 ans et continuent avec lui maintenant , ont pu observer aussi son évolution à lui, ses propres dispositions à entrer peu à peu en communication avec les élèves, de la régularité desquels il s'est assuré. C'est une sorte de mise en confiance, à l'épreuve du temps, toujours un peu fragile, sur le fil de la vigilance féline, car si Wang Xi'an aborde l'élève dans le respect de son rythme, en retour l'élève doit respecter le rythme de Maître Wang. C'est s'accorder, sur un autre principe qu'un accord écrit . Accord tacite, car il passe par l'observation, la communication " péri-linguistique " : attitudes gestuelles, expressions du visage qui suffisent parfois à nourrir la relation . Mais il est souvent indispensable que les interprètes franco-chinois usent de toute leur attention, sensibilité et habileté pour amener jusqu'à nos oreilles " l'essence du sens " des propos de Wang Xi'an.

Cela aussi fait partie de l'alchimie, ou de la catalyse ! An Yu et Keat ne sont pas des interprètes comme les autres ! Parlant parfaitement le chinois et le français, ils ne se sont pas contentés d'une traduction aseptisée, sans âme, mais ont eu à coeur de soigner la relation et les affinités avec le Maître, ce qui donnait à la traduction une autre dimension .Des deux côtés, émetteur et récepteurs, il y avait patience et écoute , de manière à affiner le message. Le niveau d'interprétation se rajustait constamment à la meilleure longueur d'onde possible, dans une bonne volonté réciproque , sur fond d'humour et de bonne humeur. Ce climat a largement contribué à la richesse des échanges, et à l'envie des stagiaires de se rapprocher de Wang Xi'an .

A la fin de la session, les stagiaires se sont réunis et ont donné leurs impressions sur cette belle expérience . Tous étaient convaincus de l'extrême compétence et de la sensibilité pédagogique de Maître Wang. Mais par rapport à l'an dernier, chacun a éprouvé de manière plus subtile la qualité des liens tissés . Solange a estimé le Maître " très proche de nous " , et Chrystelle , Pascal , Alain, ont ressenti fortement l'entraide et la convivialité que le groupe a su développer , grâce à un enseignement très respectueux envers chacun , nous exhortant sans cesse à être attentifs les uns aux autres.

Guy a regretté de ne pas avoir commencé à travailler plus tôt avec Maître Wang , qui pour Philippe, incarne véritablement l'Art Martial : " c'est rare d'apprendre avec un expert qui ait autant de pédagogie " insiste Philippe, qui a une solide expérience en la matière.

Alex évoque " la stature " de Wang Xi'an, et ce que chacun peut en prendre en tant qu'élève, car au fond la passion du Taïji réunit des gens si différents !

Andreï , venu tout spécialement de Saint Pétersbourg connaissait Wang Xi'an de réputation, c'est pourquoi il avait décidé de participer au moins à la première semaine de ce stage . La rencontre l'a tellement impressionné qu'il a modifié tous ses projets pour rester aussi la deuxième semaine, se réjouissant et d'avoir pu aborder Maître Wang, et d'avoir été pris dans le mouvement du groupe dans ce qu'il qualifie de réel échange international, où, sur l'ensemble des 3 semaines, la France, l'Espagne , la Suisse ,et la Russie étaient représentées.

Il faut préciser que chacune des trois semaines s'est déroulée sur un tempo différent : la première, plus spécialement destinée aux débutants, s'articulait autour de la découverte des principes de Lao jia, la forme traditionnelle. La deuxième semaine était consacrée à l'approfondissement de cette forme, dans son intégralité, avec des corrections extrêmement précises et personnalisées. La troisième semaine,Wang Xi'an a initié les pratiquants plus confirmés dans la recherche du style Chen à la forme moderne, Xin jia, dans la perspective d'un suivi régulier. C'est pourquoi il y a eu beaucoup plus de participants la 1ère semaine que la 3ème ,compte tenu de la difficulté et de l'engagement requis par cette approche. Que le nombre de participants se régule, de ce fait, Alain Chauveau considère cela comme un privilège : le temps et l'attention accordés par Wang Xi'an à chacun n'en est que plus important et la cohérence du groupe s'en trouve renforcée.

A la fois à l'intérieur et à l'extérieur de la pratique, Keat exprime ce qu'il a ressenti : " Je n'ai pas la même relation que vous par rapport au Taïji , je suis ce qui est autour , j'ai fait le traducteur parce que j'avaisenvie , étant une personne de même culture que le Maître. Mais même moi _ne pratiquant pas spécialement le Taïji mais ayant baigné dans les Arts martiaux_ je vois que lui a un "certain " niveau !" Par rapport au groupe, vous êtes des bons et des mordus, ça c'est sympa ! " ajoute-t-il en riant.

Des " mordus " ? Sans aucun doute ! Ce joli mot montre bien que l'envie d'apprendre est imprimé jusque dans la chair, parce qu'appétence, curiosité, désir d'expérimenter, ont été suscités et nourris par un professeur exceptionnel , hors du commun dans l'art de se mettre à la portée de chacun.

Il lui en a fallu de la patience et de l' humour, sinon comment nous aurait-il fait prendre conscience de notre propension involontaire à la quadrature du cercle ( misère, les cercles que vous dessinez avec vos bras sont un tantinet carrés ), comment aurait-il pu lever les yeux au ciel avec un sourire indulgent et amusé, à nos maladresses ? Wang Xi'an, c'est la manière douce, le toucher précis pour une correction posturale subtile, tantôt enveloppant comme on soutient un bébé qui apprend à marcher, tantôt dans la distance nécessaire à la recherche de chacun, à la maturation. Wang Xi'an, c'est de la sagesse, de la bienveillance, de la détente, des impulsions primesautières, mais aussi le refus d'entrer dans la démonstration de force." Observez-vous les uns les autres, dit-il, ne travaillez pas enfermés chacun dans votre coin, remarquez les défauts et les qualités des autres, cela vous aidera à corriger vos propres défauts et à améliorer vos propres qualités, entraidez vous "

A l'évidence les consignes pacifiques et la bienveillance de Maître Wang ont largement soutenu les motivations à le suivre sur ce chemin. Chen jia gou ? C'est tout près.

 

 Geneviève Gancet.